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10 may. 2010

Les Morisques d'Espagne aux portes du royaume






















Louis Laborde Balen

Henri de Navarre les a fait contacter en vue d'un soulèvement contre le roi d'Espagne. Devenu roi de France, il ne s'est plus inquiété des Morisques d'Espagne qui se présentèrent cependant en grand nombre aux portes du royaume.

Les Morisques (Moriscos) sont, en théorie, les derniers descendants des conquérants arabes de la péninsule ibérique. En théorie car il est difficile neuf siècles après de distinguer les fils d'Arabes ou de Berbères des fils d'Ibères qui ont embrassé l'islam.

Disons prudemment les musulmans restés fidèles à la foi depuis la reconquête chrétienne, achevée en 1492. Ils sont agriculteurs ou artisans. M. de Sully estime leur à plus de 500.000. L'Église en a dénombré 134.000 dans le seul royaume de Valence.

Des contacts secrets au château de Pau

Dès 1592, Henri III de Navarre les a fait contacter en vue d'un soulèvement contre le roi d'Espagne.

Notre gouverneur, Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, sera bien placé pour parler un jour de ces intrigues secrètes qu'il a dirigées. Le terrain était favorable.

Pendant un siècle, la cohabitation des religions se fit, parfois dans la tolérance, parfois dans la douleur. Les rigueurs de la Nouvelle Inquisition, instituée en 1484 ont entraîné des violentes réactions : prêtres assassinés, églises brûlées. Il y eut en 1526, sous Charles Quint, une révolte de Morisques, durement réprimée. Elle s'est renouvelée sous Philippe II, quand les armées espagnoles étaient dans les Flandres.

En cette fin du XVIe siècle, tandis que le Béarnais est en train de conquérir son royaume de France, les Morisques ont promis à son envoyé secret 100.000 ducats payables au château de Pau et une armée de 80.000 hommes, si on leur envoyait des chefs et des armes dans un port de leur choix. Hélas, le complot a été éventé.

L'un de nos agents, le Bergeracquois Jean de Panissault, qui se disait marchand, a été arrêté, torturé et pendu. Son compagnon, La Claverie, qui a pu s'échapper vit à la cour de Navarre. Entre temps notre roi, devenu Henri IV, a eu d'autre chats à fouetter et ne pensait plus guère à ses Morisques.

L'Inquisition, elle ne les oublie pas

Le roi Philippe II s'est toujours opposé à l'expulsion d'une partie de son peuple. Mais Philippe III son successeur depuis 1598 est bigot, débile et borné En 1609, il a signé l'ordre préparé par le Grand inquisiteur : tous les Morisques devront avoir quitté le sol espagnol le 10 janvier avec les seuls biens qu'ils pourront porter, à l'exception d'or ou de monnaies. Seigneurs et grands propriétaires ont en vain protesté aux Cortes.

L'exode est en marche. Les expulsés d'Andalousie ont pu s'embarquer à Séville pour Tunis ou Fès. Ceux des provinces de Nord, via Pasajes ou Bilbao ou Saint-Jean de Luz. Ceux d'Aragon, sans autre issue que les Pyrénées. Ils piétineront bientôt par dizaines de milliers devant nos cols, tenaillés par la faim.

>> Ils sont 50 000 au Somport

En juillet 1610, ce sont 50.000 Morisques qui se présentent aux cols du Somport et de Boucharo. Les garde-frontières qui ont ordre de les arrêter se voient débordés, et réclament de nouvelles consignes. Le duc de la Force écrit d'urgence à la Reine Régente. Catherine, qui ignore tout de l'affaire, se retourne vers le Conseil. Celui-ci recopie les dernières ordonnances du défunt Henri IV. Pour rassurer les Espagnols, et ne sachant pas alors l'ampleur du phénomène, le roi avait ordonné que tout migrant qui franchirait illégalement la frontière soit pendu. Le duc de la Force dans une nouvelle lettre objecte que «faire massacrer ce peuple désarmé (...) serait d'une barbarie inouïe et sans exemple ». Paris comprend enfin la gravité des événements. On improvise en hâte des convois pour les diriger à pied, à travers le Languedoc vers les ports de la Méditerranée, d'où on les embarquera vers « les pays de Barbarie ». Les malheureux, parfois exploités par des escrocs, sont en butte à l'hostilité de populations qui de leur côté, craignent le pillage et la peste.

Ce qui adviendra

Malgré les mesures draconiennes prises contre eux, tous les Morisques ne seront pas déportés en Afrique du nord. Osmin Ricuad qui a relaté leur tragique histoire, a retrouvé es documents prouvant la présence de Morisques en 1611, 1919, 1929 à Bayonne et à Bordeaux, où ils sont employés à des besognes pénibles, terrassiers ou fossoyeurs. Mais ils seront peu à peu contraints de se convertir.

A Bordeaux, Mgr de Sourdis leur assigne l'église Saint-Paul et charge un prêtre espagnol de les instruire.

Source: la république des pyrénées

1 comentario :

  1. j'ai besoin d'une définition exacte du mot "moriscos" ou morisque en français ...merci à l'avance...

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