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3 jul. 2009

Les villes Andalouses(3)

Testour

C’est la plus Andalouse des villes tunisiennes. Fondée en 1609 sur les ruines de l’antique Tichilla Testour a ce cachet particulier des villes hispano-mauresques: Maisons aux toits de tuiles creuses, rues larges et droites s’ouvrant sur la place centrale et, au coeur de la petite ville, la Grande Mosquée dont le minaret carré, décoré de zelliges, rappelle les tours de Tolède. La Zaouia de Sidi Naceur El Karouachi édifiée en 1733, est l’un des joyaux de l’architecture arabo-andalouse. Reconnaissable à sa coupole de petites tuiles vertes et vernissées, elle est entièrement décorée de stucs ouvragés et polychromes. Fin Juin, Testour résonne de son festival de malouf, qui attire les mélomanes des quatre coins du pays. Construite au cours de la première moitié du XVIIe siècle, la Grande Mosquée de Testour est une adaptation du style mudjédar, développé en Espagne. Le minaret se compose d’une tour carrée couronnée de tours octogonales décorées de chaînages de briques et de moellons qui rappelle un précédé classique à Tolède. De surcroit, il possède une horloge, seul exemple de ce type en Islam. Ne datant que du XXe siècle, les étages supérieures du minaret, de forme octogonale, ont un aspect plus tunisien avec leurs revêtements de céramiques décorés d’entrelacs. La cour intérieure est entourée d’une galerie à toit de tuiles. Dans la salle des prières, dont les neufs nefs sont séparées par des colonnes antiques, une coupole précède le mihrab (niche qui montre la direction de la Mecque), comme à Kairouan. La placette qui se trouve en face de cette grande mosquée a servi, d’après le témoignage du prêtre espagnol Francisco Ximenez, comme une arène de corrida, lors de sa visite au mois de Juillet 1720.

El vario Tagarino

El mezquita grande

La plaza de Testour
La synagogue de Testour
Testour a connu la présence d’une communauté juive depuis la fondation de la ville au XVII siècle. Paraît-il leur origine est espagnole, puisqu’ils faisaient partie des Morisques expulsés en 1609. Cette minorité a commencé à décroître depuis le milieu du XIX siècle. Elle n’était pas confiné dans un quartier distinct, tel que le laisserait penser le terme Hâra attribué au quartier sud-est de la ville, puisque cette zone de la médina n’était pas habitée exclusivement par les israélites, que l’on trouvait dispersée dans toute la ville. L’exemple meilleure en est la maison de la fameuse chanteuse Hbiba Msîka, morte en 1931, situé dans le quartier des Tagarins, affectée actuellement en maison de la culture de Testour. La synagogue, appelée communément « jami’ al-yahud », par les habitants de Testour, est située au bord de la rue de la Hâra. Elle daterait de l’époque de Youssef Dey (1610-1637), et a connu à travers son histoire des refections, qui ont modifié son aspect primitif. Dans l’ensemble, elle présente des ressemblances architecturales avec le reste des sanctuaires israélites de la Tunisie, caractérisés par la présence d’une salle de prière, l’élément essentiel, précédée d’une cour à ciel ouvert, des pièces annexes dont une école talmudique ainsi qu’un bassin pour bain rituel. La salle de prière, divisée en quatre nefs, conserve malgré son effondrement partiel, des placards à doubles volets, où étaient rangés des objets lithurgiques.
L'architecture andalouse à Testour
Située au sommet d’une colline, dominant la moyenne vallée de la Mejerda, la plus importante des villes andalouses, mieux encore ville des mosquées, ayant chaque quartier, voire presque chaque rue son oratoire, qui outre sa fonction cultuelle jouait un rôle didactique important en tant qu’école coranique. Plus que normal dans un milieu où les premiers habitants, d’après les témoignages des voyageurs, ignoraient l’arabe et utilisaient dans leur quotidien la langue espagnole. A l’instar de toutes les autres villes dites andalouses, Testour occupe l’emplacement d’une ville ancienne, Tichilla. D’ailleurs même son tracé urbain en damier, de grande régularité, rappelle le tracé romain. La première place où se croisent les voies publiques les plus larges, appelée R’hiba (placette) qui occupe la place de l’ancien forum. A en croire au religieux Ximenez, qui visita les lieux au XVII siècle, c’est ici que les premiers habitants Maures organisaient des corridas. La première mosquée occupe l’angle sud-ouest de la place, à droite du capitole, le temple du trio, Jupiter, Minerve et Junon, dont la présence est attestée par un fragment d’une inscription monumentale, qui gît encore en place. Des éléments d’architectures apparaissent à tout angles de rue ou dans les différents monuments dont le plus important, la grande mosquée. Ce sanctuaire datant du XVII s., est d’un type tout à fait inhabituel ici. Il s’agit d’une adaptation du style mudéjar, développé en Espagne. Il donne sur la rahba, la nouvelle grande place publique aménagée probablement en une deuxième phase, quand la ville a connu, toujours au XVII s., un rôle économique plus important, étant l’un des rares centres urbains dans cette vaste et prospère région agricole, composée de cuvettes irriguées par l’Oued Mejerda et ses affluents. La fertilité des terres est attestée par les nombreux sites et fermes archéologiques qui pullulent dans la région, et dont certaines ont connu une résurrection à l’époque coloniale, au XX s. A côté des fermes, on voit dans les campagnes environnantes une série de zaouia de marabout, dont la plus importante est celle de Sidi al-Arian, le saint patron de Testour. A la lisière sud-est de la ville, un mausolée est digne d’intérêt : c’est celui d’un saint juif, Rebbi Fraji Chaoua, qui était jadis objet d’un pèlerinage annuel très fréquenté par les juifs des lieux et d’autres régions. La synagogue érigée en pleine Hara est un témoignage du bon voisinage des deux communautés, la musulmane et l’israélite. Pour une bonne visite, la journée propice est le vendredi, jour de marché hebdomadaire, où les paysans des campagnes environnantes, viennent exposer leur production et bétail. Des fromages blancs, dont celui de brebis, enveloppé dans des bottes de romarin est d’un goût exquis. Dans les gargotes typiques, on peut sacrifier à la cuisine locale. D’ailleurs c’est la cuisine andalouse qui a enrichi la gastronomie tunisienne. Un thé à la menthe, agrémenté d’un narghilé, sur la grande place, devenu terrasse d’un café et bordée de locaux d’artisans-brodeurs qui perpétuent la tradition séculaire de la broderie de costumes traditionnels masculins, composé de jebba, du gilet et du burnous. Pour les passionnés de musique arabe classique, des soirées de malouf sont organisées lors du festival international, annuellement au mois de juillet.
Fuente: Site web nationaux Medina

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