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23 oct. 2009

Les Morisques de Calanda, un Exemple de l'Émigration Tagarine en Tunisie

Présentation: M.Hafedh HAMZA
Laurent GASCA : Né le 18 Juin 1960 à Toulon (France), de parents originaires du village espagnol de Calanda (Province de Teruel, Communauté autonome d'Aragon, Espagne). Directeur du secondaire au Collège Bon Soleil de Gavà (Barcelone, Espagne).
Je remercie infiniment notre cher ami Laurent pour son précieux article qu'il dédie à tous les descendants des morisques et en particulier à ceux de Calanda qui ont rejoint la Tunisie depuis quatre siècles!

Laurent GASCA

Passionné d’histoire, c’est en feuilletant les livres paroissiaux du village de Calanda (Province de Teruel, Communauté autonome d'Aragon, Espagne), village de mes parents, que je découvre l’importance du drame morisque. Depuis plus de dix ans, j’épluche patiemment les archives locales, les procès de l’inquisition, et les actes notariés à la recherche du moindre indice relatif aux coutumes, aux mentalités et aux difficultés auxquelles se sont confrontés les morisques calandins.
Qu’est-il devenu des Morisques de Calanda? Se sont-ils installés sur Tunis, Bizerte, METLINE, Testour...? Que de questions sans réponse pour le moment. Je garde malgré tout l’espoir qu’un jour j’aurai l’opportunité de serrer la main d’un des descendants des morisques de Calanda, signant de cette manière le renouveau de ce que Hafedh HAMZA a si joliment baptisé "L’Esprit de Tolède"!
Au XIIème siècle, lors de reconquête chrétienne de la vallée de l'Ebre, les rois d'Aragon furent confrontés à un important dilemme : intégrer la population musulmane dans leur royaume ou l’en expulser. L'expulsion des musulmans aurait provoqué une importante crise démographique et économique. Démographique, car le nombre de colons chrétiens disponibles ne pouvait en aucun cas compenser la perte en habitants qu'eut provoqué l'expulsion des communautés musulmanes établies sur les rives du Jalon, du Martin, de l'Ebre ou du Guadalope. Économique, car le reflux des musulmans vers Grenade impliquait l’abandon des "huertas" ainsi que la rupture des réseaux d’échanges tissés par les commerçants.
En réalité, plus que d’une intégration on devrait parler d'une soumission. Les "mudéjares" de Saragosse, Tudèle et Tortosa se virent forcés à abandonner leurs demeures pour s’installer dans des ghettos situés extra-muros qui prendront pour nom "morería".
Quelles étaient les origines de ces "mudéjares"? D’une part nous trouvons les descendants des berbères et des arabes qui envahirent la péninsule, de l’autre, comme se fut le cas en Bosnie, et représentant la majorité, des familles chrétiennes qui embrassèrent l’Islam soit pas conviction, soit en vue de possibles bénéfices fiscaux, ou tout simplement dans l’espoir d’intégrer l'administration locale.
Pour les mudéjares qui décidèrent de rester sur les terres de leurs ancêtres la soumission eut un prix, l’acquittement de fortes charges dues à leur seigneur laïc et évidemment à l’église. Le paiement des impôts fut source d'un endettement endémique qui mit constamment en péril l'économie des communautés musulmanes.
Que cela soit dans les "morerías" ou dans les villages mudéjares, les musulmans conservèrent la structure sociale traditionnelle de l’Islam aragonais. Les communautés furent organisées en "Aljamas" organisme municipal à la tête duquel se trouvait l'Alfaqui. L'"alfaqui", sorte de "primus inter-pares", était aidé par quatre conseillers qui veillaient à la bonne gestion des rentes municipales et aux paiements des impôts, et par une série d’agents subalternes tels l’"almutafaz" ou le "calmedina". L'"alfaqui", docteur en droit coranique, se chargeait du respect des traditions, des préceptes de l'Islam, du ramadan, de la distribution des aumônes aux pauvres, de l'éducation des enfants et évidemment de la prière du vendredi. Toutes les relations entre les membres de la communauté étaient réglées par le Coran, la Sunna et la Xara. Durant la période comprise entre 1100 et 1526 en Aragon chaque communauté religieuse, les chrétiens, les Juifs et les musulmans, utilisa sa propre loi.
En Aragon, à la différence du reste de la péninsule, le fait que les "mudéjares" soient une minorité (20%) fit que l'usage de l'arabe disparu rapidement. Les préceptes de Mahomet furent enseignés dans les écoles coraniques en aragonais, en catalan ou en castellano. Au début du XVIème siècle seules quelques grandes familles de marchands, qui maintenaient des contacts avec Tunis, Alger, ou Constantinople, savaient encore lire et écrire en arabe.
La particularité des mudéjares aragonais vient du fait qu'ils perdirent l'usage de la langue arabe mais en conservèrent l'écriture ce que nous connaissons sous le nom d'aljamiado. L'aljamiado permettait aux mudéjares d’écrire des textes en "castellano" à l'aide des caractères arabes. On retrouve toute sorte de documents écrits en aljamiado : factures, lettres, poèmes et récits. Il y a un vingtaine d'année en mettant à bas une veille maison de Calanda on retrouva dans un pan de mur protégé par une chiffon une liasse de documents reliés qui contenait des sourates du Coran ainsi que des recommandations comme par exemple: "Kapítulo de la obediencia del padre i de la madre", "chapitre sur l'obéissance au père et à la mère". Nous connaissons le nom d'un des auteurs, il s'agit de Mohammed ibn Mohammed al-Qalahurri al-Sinhaji (Qalahurri : habitant de Calahorra en Navarre).
Au sein des "morerías" nous trouverons évidemment une mosquée et une tour faisant office de minaret. La présence du minaret comme référent du quartier mudéjar sera source de conflits avec les chrétiens. Les vicaires des églises verront dans l’appel à la prière du "almuédano" une provocation, une insulte à la vraie foi; à partir de 1350 apparaîtront les premiers bans qui interdiront aux "almuédanos" d’utiliser les minarets.
Dans l’actualité il ne reste que peu de vestiges du passé musulman car à partir de 1526 les mosquée furent soit détruites soit converties en églises. L’ "alminar" de Calanda fut transformé en horloge solaire et démonté au début du XVIII car il menaçait de s’écrouler, quant à la mosquée utilisée, elle fut détruite en 1838 par un incendie.
En Aragon, les bâtiments en pierre furent l’apanage des terres situées aux pieds des Pyrénées et sur la frontière avec la Catalogne ; dans le reste du pays l’absence de matériaux de qualité favorisa l’usage de la brique. Les riches demeures mudéjars, généralement de deux étages, se caractérisaient par un soubassement formé par des blocs de pierres apparentes taillées régulièrement et des murs en briques pleines. Les chaumières pour leur part étaient construites à base de "tapias", cet à dire un mur de terre recouvert d’une couche de ciment et de chaux; au rez-de-chaussée, l’étable et un escalier qui menait au premier étage où se trouvait le foyer, l’alcôve et la chambre , sous le toit le grenier.
Durant des siècles l’image du mudéjar transmise par les sources officielles fut celle d’un agriculteur laborieux qui se contentait d’un repas frugal. Il suffit de consulter les archives de l’inquisition de Saragosse pour se rendre compte que la réalité fut une autre et que bon nombre de mudéjars étaient des artisans, des marchands ambulants, des commerçants ou des notaires. Parmi les artisans nous pourrions citer les maîtres constructeurs Mahoma Monferriz, Farax de Gali et Mahoma Palacio auteurs d’importantes reformes du palais de la Alfajeria à Saragosse. Les Compañero de Huesca, les Gali de Saragosse pour leur part furent d’importants hommes d’affaires dont la richesse fit bien des envieux.
La chute de Grenade en 1492 marquera un point d’inflexion dans la relation entre la royauté et ses vassaux mudéjars. Les édits de tolérance des rois catholiques tombèrent rapidement dans l’oubli.
1525, après avoir consulté le pape Charles Quint décide d’en finir avec le problème musulman dans les royaumes de Valence et d’Aragon. D’un coup de plume l’empereur met fin à la présence officielle de l’Islam dans la péninsule. A partir de ce moment là les mudéjars prendront le nom de "cristianos nuevos" ou de "moriscos". Tous les mudéjars du royaume se voient obligés soit d’adopter le baptême, soit de s’exiler. Les lieux de cultes sont fermés, les livres écrits en arabique, en aljamiado, interdits, l’usage de l’arabe puni.
Les officiers du Roi dépêchés à Calanda prennent possession de la mosquée et en transfèrent la propriété à l’ordre des chevaliers de Calatrava qui à partir de ce moment utilisera le lieu saint comme grenier à blé ; il en va de même pour le minaret qui à partir de ce jour aura pour seule fonction publique, celle d’ horloge solaire. Mis à part la perte des biens matériaux, la communauté mudéjar se voit obligée lors du baptême à adopter des prénoms chrétiens. Il n’y a plus de Mohamed, d’Ali, de Farax, mais des Joan, Alexandre, Pedro, Séraphin. Les femmes quant à elles adoptent des patronymes tels qu’ Esperanza, Española, María. L’aljama est dissoute et remplacée par un nouvel organisme de gestion : le Conseil; l’Alfaqui laisse place au Justicia, les conseillers aux Jurados.

Le fait que la présence à Calanda de vieux-chrétiens soit tout à fait symbolique, sept familles en 1495, une quinzaine en 1526, permet au morisques de conserver l’initiative au niveau de la gestion municipale, malgré bien des efforts de la part de certaines familles comme les Blasco qui appartiennent à la petite noblesse, les chrétiens sont écartés de l’exécutif, ce qui sera motif de bien des conflits dans le dernier quart du XVIème sicècle. On peut donc parler d’un certain status-quo, le pouvoir reste entre les mains des Alfadari, des Cabañas, des Castellano, des Compañero, des Monferriz et des Pinginet, cet à dire l’oligarchie locale.
L’expérience de la conversion des mudéjars d’Andalousie et des difficultés rencontrées poussent le Roi et ses conseillers à adopter une posture tolérante vis-à-vis du processus d’assimilation. Les autorités freinent en particulier les ardeurs de l’inquisition et prévoient une moratoire de dix ans qui se prolongera en réalité durant près de cinquante ans; on décide de l’envoi de prédicateurs, on parle même dans le cas des valenciens de traduire les évangiles à l’arabe pour en faciliter l’enseignement.
Toutes ces bonnes intentions vont se heurter aux réelles conviction des morisques. Les morisques de la couronne d’Aragon ne se considèrent pas des aragonais musulmans mais une communauté, une nation, vivant en Aragon. La fermeture des lieux de prière, la destruction des manuels, la menace de la prison pour les alfaquis, ne feront point vaciller la foi des morisques, bien au contraire, l’imposition du catholicisme les confortera dans leurs croyances. Les morisques continueront à refuser de manger tout aliment considéré impur, à Calanda par exemple lors des visites des officiers de l’Ordre de Calatrava on ne retrouve aucune trace écrite sur les taxes relevant de la vente ou du sacrifice du porc ; il en va de même pour la boucherie qui ne sera fréquentée que lorsqu’elle sera tenue par un morisque qui sacrifie les animaux en suivant le rite musulman. En 1549, plus de vingt ans après la conversion, Rodrigo de Macho est condamné pour avoir sacrifié un animal en lui tranchant le cou tandis que Rodrigo Amena tenait la tête en direction du soleil couchant ; en 1595 Daniel Samperuelo, dénoncé devant le Saint office pour la même raison, sera condamné à cent coups de fouet et à un an d’exil. La naissance, le mariage et la mort sont l’occasion de remémorer les traditions ancestrales. Parlons tout d’abord de la circoncision, une pratique dangereuse car considérée comme une preuve irréfutable d’appartenance à l’Islam. En 1607 on appellera le chirurgien pour qu’il témoigne devant le prêtre qu’un enfant n’a pas été circoncis. Dans la majorité des cas, il existera deux mariages, un officiel devant le vicaire de la paroisse, un autre clandestin en présence d’un alfaqui. Le Concile de Trente en formalisant la tenue des registres paroissiaux facilitera la tâche des prêtres dans le contrôle des mariages consanguins, pratique courante chez les morisques; les mariages entre cousins germains ne seront autorisés qu'à la seule condition de disposer d’une licence papale. En 1575 Lope Monferriz et Aldonza Monferriz, cousins au deuxième degré verront leur mariage annulé. Le rituel funéraire musulman continuera à être pratiqué, on lavera les corps, on les revêtira d’une chemise neuve, on bandera la tête; en 1603 Aldonza Coll sera arrêtée et condamnée à deux ans de prison pour avoir enterrée sa sœur comme le lui avait enseigné sa mère.
On doit à Ahmad Ibn Abi Yumu’a, originaire d’Almagro, Mufti d’Orán, une Fatua destinée aux grenadins qui après avoir émigré en Afrique du Nord en 1492 retournèrent en Espagne et durent faire face aux persécution des chrétiens. Ce document basé sur le principe de la Taqiyya fut traduit à l’aljamiado et en passant de main en main fut distribué entre les morisques d’Aragon. Les morisques calandins occultèrent donc leur foi feignant, fort mal d’ailleurs, leur conversion. Les préceptes de l’Islam furent enseignés dans la clandestinité. Dès qu’un alfaqui était arrêté un autre reprenait le flambeau. Dès qu’une personne docte était de passage dans le village on se réunissait pour écouter la bonne parole, pour apprendre de nouvelles prières. Les alfaquies avertissaient de l’arrivée du ramadan, Miguel de Macho invité par des bergers chrétiens refusa de boire et de manger jusqu’au moment où les étoiles firent leur apparition. Les alfaquies veillaient aussi à la répartition des aumônes, Anna Çalagardete envoyait sa servante munie d’un panier d’osier visiter les pauvres.
L’arrivée au pouvoir de Philipe II puis la guerre des Alpujaras (Grenade) (1568-1570) marquera un point d’inflexion dans les relations entre l’état et les morisques. La posture des autorités se durcit, on commence à parler d’expulsion, l’inquisition se lance à la chasse des hérétiques.
En ce qui concerne Calanda, l’entrée en scène du Commandeur de l’Ordre de Calatrava, le baron Adam de Dietrichstein, et la nomination du capitaine Andrés de Rosales comme Alcayde marquera le début d’une période de conflits sans précédent qui durera vingt ans. Rosales qui désirait contrôler le Conseil municipal n’hésitera pas à emprisonner les membres du "Consejo" leur réclamant des sommes exorbitantes, en les menaçant de les dénoncer à l’Inquisition, Aidé par quelques chrétiens sans scrupules l’extorsion et le chantage seront à l’ordre du jour. L’oligarchie locale ne restera pas les bras croisés et dénoncera devant l’Ordre les agissements de Rosales; les pétitions étant restées sans réponse plusieurs complots furent organisés pour éliminer Rosales et ses collaborateurs. En 1575, Mosen Olleta, vicaire de Calanda, fut victime d’un attentat, l’année suivante le curé de Foz-Calanda, petit village morisque situé à 4 km de Calanda, fut assassiné, on parlait de quatre "Bandoleros" courrant les chemins à la recherche de Rosales ; en 1583 Rosales dénoncera un complot organisé par Lope Monferriz et les membres du Conseil, il en sera de nouveau question en 1586. En 1605, on retrouve le corps du Justicia Gaspar Mendez qui fut un des principaux collaborateurs de Rosales et, qui plus est, agent de l’Inquisition ; le médecin comptera sur le corps mutilé quarante coups de couteau. Le meurtre cette fois ci n’a pas été commandité par les élites sinon exécuté par un groupe de calandins à la tête desquels se trouve l’alfaqui Daniel de Macho.
Parmi les grandes familles qui durent subir les persécutions de Rosales certaines choisirent de quitter Calanda pour s’installer en Afrique du Nord. Les Çalagardete et Çafar partirent pour Alger tandis qu’Alejandro Compañero s’établit à Constantinople où comme représentant des morisques d’Aragon il sollicita du Sultan une intervention militaire qui appuierait un soulèvement général morisque en Aragon et Valence. Déguisé en marchant ambulant Alejandro Castellano reviendra en Aragon en 1582, allant de village en village il rencontrera les principaux membres des communautés morisques leur annonçant une prophétie, la naissance d’un enfant qui prendrait le titre de capitaine des morisques et les délivrerait du joug des chrétiens. Les morisques aragonais attendront vainement l’appui Turc puis celui des huguenots d’Henri IV, ils furent abandonnés à leur sort.
La pression exercée par les chrétiens poussa souvent les morisques calandins à l’exaspération, découvrant par leur attitude, leurs dires, la persistance de leurs croyances. Le majordome de l’église tenait un livre sur lequel on notait les absents à la messe, ce qui impliquait une amende, toute faute était punie. Lors de l’office les morisques se moquaient des symboles chrétiens, Antonio Tristan jeta un chiffon plein d’huile sur le vicaire alors qu’il passait devant les porches en soutenant le Saint Sacrement ; On se moquait des bulles, on louait Allah, on réfutait le dogme trinitaire. Entre 1549 et 1608 une centaine de personnes connurent les geôles de l’inquisition de Saragosse. Les peines les plus courantes furent la flagellation et la déportation aux galères, une dizaine de personnes finirent sur le bûché.
Parallèlement aux conflits entre les des communautés, dans la vie de tous les jours morisques et chrétiens se voyaient obligés à s’entendre, les vieux-chrétiens des alentours venaient à Calanda solliciter des prêts aux Manzoriel, aux Peon, les familles chrétiennes assistaient comme témoins aux mariages des morisques, lors de la naissance d’un enfant morisque on désignait un parrain et une marraine chrétienne, des bergers français travaillaient pour des patrons morisques, les morisques signaient leurs contrats devant des notaires chrétiens, les couturiers habillaient tant les uns comme les autres. Mais, malgré tout, la scission entre les deux communautés était bien présente sinon comment expliquer l’absence de tout mariage entre morisques et chrétiens.
Pour les deux chrétiens, tout comme pour les morisques, le drame de l’expulsion sembla sans doute inévitable. Le 10 Juillet 1610, un long cortège formé par les 350 familles morisques de Calanda sortit en direction du port des Alfaques. De la porte de "las cantarerias" ils prirent le chemin de Foz-Calanda. Arrivés près des hauts de "Matalobos" et avant de perdre définitivement de vue leur village, ils se retournèrent une dernière fois en direction de Calanda. Sur le fier visage d’un vieil homme les larmes coulaient s’ouvrant un chemin entre ces rides que le dur travail des champs avaient converti en de profonds sillons.
Arrivés aux Alfaques, la grande majorité s’embarqua cap à la Tunisie, une minorité d’autres vers Alger ou Oran. Le transport se fit sur des navires affrétés par les morisques, les riches durent payer le passage des pauvres hypothéquant de la sorte leur patrimoine.
Une fois débarqués entre Bizerte et la Goulette, grâce à l’appui de Youssef Dey (gouverneur ottoman de la Tunisie de 1610 à 1637) et des autorités religieuses, les morisques de Calanda initièrent une nouvelle vie, apportant à la Tunisie un élan démographique et économique. On peut supposer que les Monferriz fondèrent une nouvelle fabrique de savon, les Homadon se lancèrent dans la production de bougies, les Ayu et les Mocaxteri reprirent leur métier d’alfatier (mon ami Hafedh m'a confirmé l'existence d'un bon nombre de familles d'alfatiers "H'sayriya" à METLINE) et d’autres se lancèrent dans l’agriculture cultivant oliviers et pêchers.
Le soir quand les familles sortaient pour prendre le frais avec leurs voisins, elles formaient sur le perron de leur porte un "coro". Là, on conservait, on décrivait les "Peñas blancas", ces montagnes qui dominent Calanda, on revivait les balades dans les "huertas" de Pico-verde et d’Albalate, on ventait la douceur des ces pêches. Les exilés revivaient le passé à travers une vision idyllique.
Quatre siècles nous séparent de ce moment fatidique de l’histoire de l’Espagne, je dédie ce petit article à tous les descendants des morisques et en particuliers à ceux de ma très chère et bien-aimée Calanda!
Source: metlinetun.multiply.com

2 comentarios :

  1. Merci pour ces informations,

    http://metlinois.co.cc

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  2. De rien et bienvenu

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